BIO

L'artiste calédonienne multidisciplinaire, Marie-Claire Yung-Hing Nosmas, martiniquaise par ses origines, avec un héritage chinois, tibétain, italien, africain et caraïbe, a passé plus d'une trentaine d'années à créer, entre la Namibie, la France et la Nouvelle-Calédonie. Egalement art-thérapeute depuis plus de vingt ans, en institutions et en cabinet privé, elle a partagé sa pratique professionnelle entre ses deux passions, l'art-thérapie et la création artistique. 

"Je m'inspire de mon riche héritage culturel, les notions de Yin et de Yang sont intégrées en moi. A la maison mon père cuisinait chinois et antillais, je jouais des percussions et méditais face à la magnifique nature calédonienne qui est et a toujours été un élément important de mon équilibre."

Son activité artistique était initialement tournée vers la sculpture et les bas reliefs à techniques mixtes. Explorant la matière sous toutes ces formes, Marie-Claire a appris à modeler l'argile, découper au chalumeau, souder et sculpter le bois, donnant ainsi plus de liberté à sa créativité. ​​

Durant cette période namibienne, ces thèmes de prédilections sont la vie, la mort et la renaissance. Elle puise son inspiration artistique dans ses origines culturelles multiples et l'influence de son lieu de naissance dans le Pacifique . L'utilisation et la combinaison de matériaux aussi variés représente pour elle une métaphore des éléments qui constituent la vie. "Elle symbolise l'interaction permanente d'énergies qui semblent à la fois opposées mais complémentaires, comme le résume si bien le symbole taoïste du Yin et du Yang. "

« Pour moi, le métal et l'eau racontent la même histoire. Que je pose une touche de bleu sur le papier ou que je soude deux plaques d'acier, je cherche ce point de bascule où la matière commence enfin à parler et à se transformer. Le métal qui a priori ne m'attirait pas par sa froideur, m'a appelé à travers une sculpture de métal intitulé "the running beauty". En apprenant à travailler ce matériau, il s'est révélé aussi tendre que du beurre et à contrario l'argile si malléable, vivante et tiède au toucher devient aussi dur que la pierre une fois qu'elle est cuite. J'adore ce rapport à la matière, qui nous enseigne que finalement tout n'est qu'illusion et nous ramène à l'impermanence des choses»

Le travail de l'artiste se définit par une confrontation permanente entre la douceur des médiums traditionnels et le côté rugueux des matériaux industriels. De ses bas-reliefs sculptés au chalumeau, en passant par ses portraits aux couteaux, à ses série réalisées à l'eau, elle explore les strates de la matière pour en extraire une poésie brute.

En 2000, elle a remporté le prix de sculpture du John Muafangejo Art Center et a exposé ses oeuvres en Namibie puis en Afrique du Sud.

Au cours de sa période métropolitaine qui a suivi et à son retour en Nouvelle-Calédonie, Marie-Claire a exploré l'huile aux couteaux à travers des portraits bruts, authentiques et saisissants

Passionnée par la photographie en noir et blanc, l'artiste a d'abord réalisé de nombreux portraits en noir et blanc avant de s'intéresser à la couleur. 

​La particularité de son travail dans ces portraits est qu'ils sont réalisés entièrement aux couteaux, même dans les détails les plus fins. De plus, le principal du travail est réalisé en un jet, car pour Marie-Claire l'important est de saisir l'énergie de l'instant et que l'oeuvre apparaisse rapidement. Les contraintes de séchage de l'huile impliquent que les finitions soient réalisées dans un second temps.

​Dans ses portraits à l'huile au couteau ou ses assemblages mêlant bois, argile et métal, l'artiste privilégie le relief. Ses œuvres ne sont pas seulement à regarder, elles sont à ressentir physiquement à travers leurs épaisseurs et leur apparente "imperfection".

"Ce qui m'intéresse dans un portrait ou une composition c'est ce qui émane du ou des personnages et non ce qui est montré. Les faux semblants n'ont aucun intérêt, ce que j'aime et que j'apprécie c'est l'authenticité de façon générale. Le chalumeau ou le travail aux couteaux ne laisse pas de place aux mensonges. Ce sont des outils radicaux. Le travail aux couteaux obligent à une franchise absolue et laissent émerger les émotions qui se cachent derrière les visages mais aussi l'énergie du moment qui demande à Être. Ce qui m'intéresse c'est de toucher émotionnellement le spectateur, pas de faire du beau. J'agis en terme d'énergie, de mouvement et d'émotion."

Son approche du sujet est probablement ce qui donne autant d'intensité à ses portraits, dans les regards et l'énergie qui s'en dégage ! Et pour finir, sa maîtrise et son originalité dans la gestion de la couleur en font des portraits singuliers et vibrants !

Elle aime également s'abandonner à des textures plus fluides telles que l'acrylique ou la gouache, explorant les rendus subtils, désagrégeants parfois les formes inspirées de la mer. Voir ses "Petites Collections".

La démarche de l'artiste repose sur une écoute attentive des matériaux qu'elle manipule. Loin de vouloir dominer les éléments, elle cherche à les apprivoiser. Que ce soit dans la délicatesse d'un lavis de gouache ou dans la fusion du métal au chalumeau, son travail est une quête d'harmonie entre le geste créateur et la nature propre de chaque composant : bois, argile, acier ou pigments.

​​"Je ne force jamais la matière. Je l'apprivoise et elle m'apprivoise. Travailler un medium ou une matière qu'on n'a pas l'habitude de travailler donne la possibilité de se découvrir à travers celle-ci et de laisser émerger le "ça" qui ne demande qu'à s'exprimer. C'est la matière qui me guide et c'est très plaisant de se laisser guider et de faire confiance à ce qui émerge sans chercher à maîtriser ou à contrôler quoi que ce soit."

C'est ce moment de rencontre, cette entente tacite entre la main et l'élément, qui fait l'âme de ses œuvres. 

Elle a exposé ses huiles en France et en Nouvelle-Calédonie.

​Vous pouvez retrouver à la vente ses productions, sous leur forme originale ou sous forme de Tirages d'Art de grandes qualités dans des formats variés.